Opération <PERSIL>, la guerre de DE GAULLE contre la GUINÉE.

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L’Opération Persil est l’une des actions les plus secrètes et les plus agressives de la « Françafrique » naissante. Orchestrée à la fin des années 1950 par les services secrets français, elle visait à punir la Guinée et à renverser son président, Ahmed Sékou Touré, après son « non » historique au général de Gaulle. ​Voici les points clés pour comprendre ce dossier : ​1. Le contexte : l’affront du « Non » ​En 1958, de Gaulle propose aux colonies françaises d’intégrer la « Communauté française » (une autonomie sous tutelle de Paris). Sékou Touré refuse catégoriquement et lance sa célèbre phrase : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’esclavage dans l’opulence. » La Guinée devient indépendante le 2 octobre 1958. Furieuse, la France réagit immédiatement en retirant ses fonctionnaires, ses archives, et même en sabotant les infrastructures (ampoules dévissées, dossiers brûlés). ​2. L’objectif de l’opération ​L’opération est lancée en 1959 sous l’impulsion de Jacques Foccart, l’éminence grise de l’Élysée pour l’Afrique. Le nom « Persil » fait référence à la célèbre marque de lessive : le but est de « blanchir » (nettoyer) la Guinée du régime de Sékou Touré, jugé trop proche du bloc soviétique. ​Les objectifs étaient triples : ​Déstabiliser l’économie du pays. ​Armer l’opposition pour provoquer un coup d’État. ​Créer un climat de chaos pour prouver qu’un pays africain ne pouvait pas survivre sans la France. ​3. Les méthodes : la guerre des faux billets ​Le volet le plus spectaculaire de l’opération fut la guerre monétaire. Lorsque la Guinée quitte la zone franc en 1960 pour créer sa propre monnaie (le franc guinéen), les services secrets français (le SDECE) font imprimer d’immenses quantités de faux billets en France. ​Des agents français et des réseaux locaux inondent le marché guinéen de ces fausses coupures. ​Conséquence : L’inflation explose, l’économie est paralysée et la confiance dans la nouvelle monnaie est brisée dès sa naissance. ​4. Le volet militaire et le fiasco ​Parallèlement, la France installe des bases arrière au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Des membres du 11ème Choc (unité d’élite du SDECE) entraînent des opposants guinéens et organisent des caches d’armes. ​Cependant, l’opération tourne au fiasco : ​Fuites d’information : Sékou Touré, très bien renseigné, découvre les complots. ​Répression : Ces tentatives de déstabilisation servent de prétexte au président guinéen pour instaurer un régime de plus en plus répressif et dictatorial, éliminant ses opposants sous couvert de lutte contre les « complots français ». ​Ce qu’il faut retenir ​L’opération Persil a laissé des traces profondes. Elle a durablement empoisonné les relations franco guinéennes (rupture diplomatique de 1965 à 1975) et a renforcé la paranoïa de Sékou Touré, contribuant indirectement à la dérive autoritaire de son régime (notamment avec le sinistre camp Boiro). ​Souhaitez-vous que je vous donne plus de détails sur le rôle de Jacques Foccart dans la politique africaine de la France à cette époque ?

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